Le château de la « Coue »

Moyen Âge

Le château de la « Coue » est établi entre la Semois et l’ancienne route allant de Florenville à Martué. Ce sont les nombreux documents d’archives qui ont aidé à la localisation des vestiges.

Les sondages et les fouilles, entrepris sur le site, nous présentent un château de plan rectangulaire. Il se compose d’une cour spacieuse de 50 m sur 40 m enserrée de courtines épaisses. Les angles sud-ouest et sud sont pourvus de tours elliptiques. L’entrée (1) étonne par ses proportions, elle est aménagée au nord entre une volumineuse tour d’angle circulaire et un donjon rectangulaire. Un couloir empierré de galets, long de 9 m, débouche dans la cour intérieure. Celle-ci était établie en légère surélévation sur un sous-sol marécageux ; elle était drainée par des petits fossés et un canal d’écoulement en pierres sèches, qui dévalent en pente douce vers le grand fossé longeant la Semois.

Un système défensif de fossés alimentés par la rivière entourent les courtines. Ces douves creusées à distance des murs, ne baignent pas la maçonnerie. Quatre piles de pont ont été retrouvées en partie construites dans les fossés ; elles servaient d’assise au pont-levis face à l’entrée. Le corps de logis, de forme rectangulaire, construit contre l’enceinte avait des dimensions restreintes (2). L’entrée de ce bâtiment semble avoir été aménagée au sud-ouest et divisée par un pilier ouvrant ainsi deux larges portes. Le confort cédant le pas aux impératifs de la défense, la place réservée au logis seigneurial s’en trouve réduite. Tandis que tours et donjon doivent loger la garnison, la cour sert aux exercices des seigneurs et des hommes de guerre et, en cas d’attaque, elle abrite les villageois eux-mêmes.

La masse imposante et les dimensions du château attestent l’importance des premiers seigneurs. Il s’agit d’Isabelle, fille de Louis IV, comte de Chiny et de son époux Otton de Trazegnies, qui reçoivent entre 1230 et 1241, un territoire centré sur Florenville, Martué, Chassepierre, Sainte-Cécile, Mortehan, Fontenoille et Cugnon. C’est vraisemblablement à cette époque qu’ils firent construire le château. Les sources archéologiques et historiques ainsi que l’économie du plan concordent sur ce point et placent la fortification au IIIe siècle. Succédant à son père Otton, Jean l’Ardennois avec sa femme Agnès de Strépy affranchissent Florenville, le 24 juin 1273. Agnès est représentée dansant le robardel au tournoi de Chauvency en 1285, dans un manuscrit de l’époque.

La seigneurie passa à partir de la deuxième moitié du XVe siècle dans le patrimoine de différentes familles, notamment les de La Marck. En mai 1521, Robert II de La Marck déclara la guerre à Charles Quint et le château de Florenville tomba et ne fut plus reconstruit.

La seigneurie resta jusqu’à la fin de l’Ancien Régime entre les mains des descendants de Charles Quint, les souverains des Pays-Bas, à l’exception de la période du rattachement à la France, de 1680 à 1698.

Texte résumé par I. Tellier. Fiche n° 92.22. Photos A. Matthys et J. de Rémont. Pour en savoir plus : MATTHYS A. et HOSSEY G., 1972. Le château des seigneurs de Florenville, Bruxelles, (Archaeologia Belgica, 139).

Le site en images

Accès et localisation

La balades BN42 de 4,5 km au départ de l’église de Ucimont passe à proximité de ce site.

Site facile d’accès.

Recommandations

 Si vous vous rendez sur place,

vous serez sur un site archéologique ou historique,

merci de respecter les lieux et de ne pas laisser de traces de votre passage.

FOUILLES INTERDITES

L’activité de détection qui implique la modification du sol ou le prélèvement d’objets doit faire l’objet d’une demande d’autorisation octroyée par l’Agence wallonne du Patrimoine (Code wallon du Patrimoine, art. 34, R.34-1 à R.34-7 et AM.34-7).